Story Deuxième atelier national du centre d'échanges d'informations sur la diversité biologique

Deuxième atelier national du centre d'échanges d'informations sur la diversité biologique

Deuxième atelier national du Centre d'Echange des Informations sur la biodiversité à Yamoussoukro (23 au 24 mai 2006)
Release date 10/05/2007
Contributor Armand Koidiane

Dans le cadre de la poursuite des activités du Centre d’Echange des Informations (CHM) sur la diversité biologique, à l'instar de l'atelier tenu à Abidjan, le deuxième atelier s’est tenu à yamoussoukro du 23 au 24 mai 2006. Cet atelier est organisé à l’intention des institutions et autres acteurs intervenant dans le domaine de la diversité biologique au Centre de la Côte d’Ivoire, en vue d’une part, de préparer l’installation d’un CHM décentré à Yamoussoukro et d’autre part, de sensibiliser les différentes parties prenantes sur la mise en place d’un réseau d’institutions pour la diffusion des informations sur la diversité biologique. L’atelier a eu lieu le 24 mai 2006 au Département Eau, Forêt et Environnement (FOREN) de l’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro. Vingt-et-un (21) participants représentant onze (11) structures ont pris part aux travaux qui ont porté sur les points suivants :

1.    Présentation de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique (CBD),
2.    Présentation du CHM,
3.    Présentation et validation d’une matrice pour l’échange d’informations,
4.    Exercice de renseignement de la matrice par chaque institution,
5.    Discussion sur les liens et la collaboration pour le partage de l’information,
6.    Evaluation des besoins en renforcement des capacités des institutions et des acteurs.

Après le mot de Bienvenue prononcé par Monsieur KOUADIO Bouattinnin, Directeur du Département FOREN, celui-ci a introduit une séance préliminaire de présentation des participants. Ensuite, Monsieur KOFFI Bernard, Coordonnateur du projet d’évaluation des besoins en renforcement des capacités sur la Biodiversité, a prononcé l’ouverture de l’atelier par un exposé introductif. Il a particulièrement exprimé sa satisfaction et ses remerciements à l’endroit des participants pour leur présence effective. Puis, il a décrit le déficit d’organisation qui caractérise le secteur de la gestion de l’information dans le domaine de l’environnement. Au total, il a fait remarquer qu’il serait profitable pour tous, que chacun participe au développement du CHM qui peut constituer une réponse fiable au service des parties prenantes dans la gestion durable de la diversité biologique.

Les travaux ont démarré avec l’élection du Bureau de Séance composé d’un Président de séance (Monsieur KOUADIO Bouattinnin, Chercheur et Directeur du Département FOREN) et d’un Rapporteur (Monsieur TIHO Taguelbé, Assistant Chercheur Labo. Zootec.). Les six points listés ci-dessus ont été successivement traités. La méthodologie utilisée pour les travaux variait suivant le sujet traité (exposé suivi de débat, Questions/Réponses, PPO/ZOPP).

Contenus des sujets traités

1.     Présentation de la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique

(prononcé par Monsieur PEDIA Patrick, Point Focal National de la CBD).

Monsieur PEDIA a définit la Diversité Biologique comme étant la variabilité des organismes vivants de toutes origines et les complexes écologiques dont ils font partie. Cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces, ainsi que celle des écosystèmes. Ensuite, il a présenté la CBD dans ses grandes lignes. On retiendra sur ce chapitre, les points suivants :

     Grands aspects de la diversité biologique
  • La diversité génétique
  • La diversité écologique
  • La diversité spécifique
Cette description montre le caractère vital de la diversité biologique. En effet, la Diversité Biologique joue un rôle écologique important et constitue un support de l’économie dans les domaines de l’agriculture, de la pharmacie, de l’industrie et de la biotechnologie moderne. Cela explique les enjeux très énormes et d’origines diverses qui gravitent autour de cette question.

A ce jour, on estime à 1, 7 millions le nombre d’espèces composant la diversité biologique. Les recherches se poursuivent pour découvrir de nouvelles espèces encore cachées dans le monde du vivant. Dans le même temps, on remarque une destruction très rapide de la diversité biologique du fait des activités humaines. C’est justement pour remédier à cette situation que les pays se sont rencontrés dans le cadre des Nations Unies, afin d’adopter, à l’occasion de la Conférence de Rio sur l’environnement et le développement en 1992, la Convention  sur la diversité biologique (CBD).

Les buts principaux de cette convention sont :
  • la conservation de la diversité biologique;
  • l’utilisation durable de ses éléments;
  • le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques dans le respect scrupuleux des principes et obligations des Etats.
Les principes et obligations des Etats sont :
  • le droit souverain des Etats à exploiter leurs ressources sans causer de préjudices aux Etats voisins;
  • l'inventaire et le suivi de la diversité biologique;
  • l’intégration des questions relatives à la diversité biologique dans les politiques sectorielles;
  • la réalisation des Etudes d’Impact Environnementales.
     Programme thématiques au niveau de la Convention
Un certain nombre de thématiques ont été dégagées qui forment les points d’encrage des programmes de la CBD, ce sont :
  • Biodiversité agricole;
  • Biodiversité des forêts;
  • Biodiversité des montagnes;
  • Biodiversité des eaux intérieures, marines et côtières;
  • Biodiversité des terres arides et semi-arides.

A l’intérieur des programmes thématiques, des groupes techniques ad’ hoc réunissant des experts sont mis en place pour réfléchir et produire des rapports sur des aspects spécifiques bien déterminés de la diversité biologique (exemple : groupe de travail sur les espaces exotiques ; sur la responsabilité/réparation, etc.) Plus récemment, un groupe de travail a été constitué pour réfléchir sur une  question émergente, il s’agit de la question concernant les droits de propriété sur les espèces et les mécanismes propres à assurer un partage juste et équitable des bénéfices tirés de l’exploitation de la biodiversité.

Ces groupes de travail ad’ hoc ne sont pas limitatifs, en cas de besoin, lorsqu’une question nouvelle survient dans le cadre de la gestion de la diversité biologique, un groupe thématique spécifique est mis en place.

Organes de la convention

Il y a 4 organes principaux :
  • la Conférence des Parties ;
  • le Secrétariat Exécutif ;
  • l’organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques;
  • le centre d’échange des informations sur la diversité biologique.

Observateurs: certains groupes sont admis aux assises de la CBD en qualité d’observateurs. Il y a :
  • les Institutions internationales (FAO, PNUD, PNUE, UNESCO);
  • les ONGs.

2.    Présentation du CHM

(par Monsieur Armand KOIDIANE, Point Focal National du CHM)

Les informations suivantes ont été livrées. Ce sont autres :

Informations sur le CHM
  • Le CHM est le point central de la diffusion et le partage de l’information sur la Biodiversité. Le CHM central national est logé au Ministère de l’Environnement.
  • Au niveau national, le CHM central est relié à des CHM décentrés implantés selon un découpage thématique ou géographique,
  • Le premier site du CHM de Côte d’Ivoire a été mis en place en 1997 et hébergé sur Africa online. Ce site n’a pu continuer à fonctionner, faute de financement. Un nouveau site est créé et fonctionne depuis 2001. Il est provisoirement hébergé par l’Institut Royal des Sciences Naturelles (IRSN) de Belgique, en attendant que nous aillions des moyens propres de financement.
  • L’adresse est : WWW.bch-cbd.naturalsciences.be/civoire ;
  • Le premier CHM décentré a été créé en partenariat avec le Centre National de Floristique (CNF) d’Abidjan qui en est le site d’accueil. Le CHM décentré d’Abidjan a pour mission principale de fournir les informations de la biodiversité du Sud et du Centre de la Côte d’Ivoire. Il est prévu l’installation d’un CHM décentré à Yamoussoukro afin de gérer les informations relatives aux autres régions du pays.
Les différents programmes du CHM

La capitalisation et la diffusion de l’information portent sur quatre axes spécifiques qui forment le programme du CHM, ce sont :
  • les documents portant sur la monographie;
  • les documents relatifs aux plans nationaux d’actions;
  • les rapports intermédiaires;
  • les stratégies nationales.
Le CHM national a déjà tissé des liens avec certaines institutions partenaires nationaux régionaux ou sectoriels.

Après ces deux premiers exposés, le Président de séance a prononcé un résumé partiel avant de donner la parole aux participants pour recueillir leurs observations. Les différentes interventions des participants ont porté sur les sujets suivants :
  • Les pays les plus avancés sont-ils tous partant pour les différentes dispositions qui se mettent en place en vue de la gestion durable de la biodiversité, quand on sait les réticences manifestées par certains grands pays au niveau de la ratification de certaines conventions ?
  • Pourquoi le site de la Côte d’Ivoire est-il hébergé en Belgique ?
  • Y a-t-il au niveau du CHM central un mécanisme de vérification de la fiabilité de l’information avant diffusion ?
  • Notre pays a-t-il déjà mis en place des dispositions juridiques pour contrôler les spéculations autour des ressources génétiques ?
Des éléments de réponse ont été apportés aux différentes préoccupations par les exposants :

  • L’acte observable qui traduit l’engagement des Pays, c’est d’abord la signature de la convention qui, dès lors, confère le statut de "Partie à la convention", et ensuite la ratification introduit les dispositions de la convention dans l’ordonnancement juridique national. Dans la mesure où tous les grands pays ont accompli ces deux actes, l’on est en droit de croire que tous sont d’accord pour la gestion durable de la biodiversité.
  • Depuis sa création en 1997, le premier site du CHM national était hébergé par AFRICA ONLINE. Après deux années de fonctionnement, il est intervenu au niveau de la structure de coordination du projet biodiversité, un déficit de ressources financière propres et cela a conduit à la suspension de l’abonnement avec AFRICA ONLINE. C’est donc en terme d’appui et de renforcement des capacités que l’Institut Royal de Belgique a bien voulu accepter, dans le cadre du partenariat, d’abriter provisoirement le site de la Côte d’Ivoire.
  • Pour l’heure, le CHM continue de fonctionner comme une boîte à lettre. C’est-à-dire qu’il reçoit et diffuse l’information tel quel. Mais le CHM prend soin de toujours refléter la source de l’information publiée. Sans doute serait-il judicieux d’opérer un tri pour ne diffuser que les informations pertinentes en terme de fiabilité. Les administrateurs du CHM sont en train de réfléchir à un mécanisme allant dans ce sens.
  • Il existe dans le corpus juridique de la Côte d’Ivoire, de nombreux textes sectoriels plus ou moins anciens, qui réglementent le commerce des espèces. Toutefois, il importe de ne pas perdre de vue les enjeux nouveaux et les questions émergentes autour des OGM et des OVM. Ces questions émergentes appellent certainement que les dispositions juridiques nationales soient renforcées.
En dehors de ces réponses, un certain nombre de points pertinents soulevés par les participants ont été reçus comme des contributions enrichissantes. Il s’agit notamment des interventions suivantes :
  • Le Directeur du Département FOREN de l’INP-HB a indiqué que sa structure est disposée à accueillir le CHM décentré de Yamoussoukro.
  • Les participants ont souhaité que d’autres ateliers soient organisés après celui-ci pour approfondir les connaissances sur les enjeux autour de la gestion durable de la diversité biologique. Ils ont également exprimé le souhait que les prochains ateliers concernent davantage d’acteurs, y compris les structures localisées au Nord du pays.
  • Les participants ont exprimé leurs préoccupations en ce qui concerne l’hébergement du site à l’étranger. Ils ont exhorté les administrateurs du CHM à mettre tout en œuvre pour que des ressources soient mobilisées afin de rélocaliser le site en Côte d’Ivoire.

3.    Présentation et validation d’une matrice pour l’échange d’information

(par Monsieur YAO N’goran Léonard, S/Directeur de l’Information et des Statistiques environnementales à la Direction de la Planification et de l’Evaluation).


Le but de la matrice c’est d’une part, de s’accorder sur le langage usité pour le partage de l’information (avoir une même compréhension des termes utilisés) et d’autre part, de savoir quelles informations refléter.

La fiche comporte quatre (4) zones :
  • zone de titre;
  • zone d’identification de la structure;
  • zone de renseignements sur les activités de la structure;
  • zone de collaboration et services de la structure.
Les termes utilisés ont été expliqués les uns après les autres ainsi que les catégories d’information jugées pertinentes.
A la suite de cette présentation, les participants ont posé quelques questions en vue d’une meilleure compréhension de certaines terminologies de même que pour une meilleure harmonisation du contenu général de la matrice. Les éclairages nécessaires et satisfaisants ont été apportés par l’exposant. A la fin de cette séance, la matrice a été adoptée après que certains amendements proposées par les participants aient été pris en compte.

4.  Exercice de renseignement de la matrice

Le Département FOREN de l’INP-HB a été pris comme exemple pratique pour les besoins de l’exercice de renseignement de la matrice. Tous les participants ont été associés, avec les facilitations apportées par le Directeur du Département FOREN, à cet exercice qui s’est déroulé suivant la méthode du Brain Storming.

5.    Discussions sur les liens et la collaboration pour l’échange d’information

Cette séance avait pour but de recueillir les avis des uns et des autres d’une part, sur le principe même du partage de l’information sur la diversité biologique, au regard des enjeux présentés plus haut. Et d’autre part, sur les dispositions pratiques à envisager pour faciliter la collaboration entre les différents acteurs.

Sur ce chapitre, les participants ont exprimé à l’unanimité, leur intérêt pour l’idée en elle-même. Ensuite, ils ont manifesté leur disposition à participer aux réflexions éventuelles dans le sens de la mise en place des instruments pratiques propres à permettre le démarrage du processus d’échange et de partage de l’information.

Il a été également convenu que les administrateurs du CHM proposent un projet de charte informationnelle, qui sera soumis à l’examen des différentes parties prenante pour être valider in fine.

6.    Evaluation des besoins en renforcement des capacités des institutions et des acteurs

L’objectif de cette séance est de recenser les besoins en renforcement de capacités des parties prenantes, de manière à ce que ces besoins soient connus et intégrés dans des projets spécifiques afin que progressivement, ceux-ci trouvent les réponses adaptées.

L’identification des priorités en matière de renforcement des capacités s’est déroulée en appliquant la méthode dite zopp (ou ppo).

A l’issue de l’exercice, les résultats suivants ont été enregistrés, par ordre de priorité dégagée en tenant compte du nombre de besoins exprimés correspondants :

1ère priorité : Acquisition d’équipements informatiques. Cette priorité se décline en plusieurs besoins spécifiques sériés comme ci-après :
  • équipement en ordinateurs;
  • matériels informatiques;
  • adaptation du matériel;
  • équipement en matériels informatiques;
  • logiciels plus ordinateurs;
  • équipements adéquats;
  • besoins en équipements informatiques.

2ème priorité : Formation des acteurs à la gestion de l’information. Avec cette deuxième priorité, les besoins sont :
  • financement de séminaires sur la biodiversité;
  • formation du personnel chargé de la gestion de l’information;
  • formation de groupes de travail spécialisés;
  • responsabilisation d’une personne ressource;
  • renforcement des capacités dans l’utilisation des logiciels.

3ème priorité : Sensibilisation / Education des acteurs. On a égard à :
  • sensibilisation à la problématique de la biodiversité;
  • éducation à la conservation de la biodiversité;
  • détermination des publics cibles;
  • sensibilisation de la population riveraine;
  • introduction de la biodiversité dans les programmes de formation.

4ème priorité : Création d’un service de documentation. On a :
  • définir le cadre organisationnel de la diffusion de l’information;
  • créer un service archives et documentation;
  • aider à la publication;
  • mise en place d’un fichier d’experts;
  • mécanismes de vérification des données à diffuser.
5ème priorité : Connexion Internet avec
  • création d’un site web hébergé en Côte d’Ivoire;
  • connexion Internet à renforcer.

Conclusion

Nonobstant quelques réserves exprimées par les participants en ce qui concerne l’adhésion et l’implication effectives des différents acteurs (principalement les premiers responsables des structures représentées), l’unanimité s’est dégagée autour de l’utilité du CHM dans le processus de gestion durable de la biodiversité.

La tendance dominante qui a été mise en exergue concerne le besoin de renforcement des capacités des acteurs (équipement des institutions et formation des personnes ressources). De telles mesures pourraient ajouter à la motivation des différents acteurs concernés.

Au total, l’atelier d’information sur le développement du CHM est une bonne plateforme d’échanges entre les différents acteurs pour relever les atouts, mais aussi les faiblesses des schémas proposés, en vue d’envisager les réglages appropriés.